Comment éviter les arnaques sur Internet ?
En résumé
Entrepreneur financé par l'Adie tapant sur son clavier d'ordinateur portableDe quelles pratiques illégales dois-je me méfier ?
En ayant connaissance des principales pratiques frauduleuses qui existent, je pourrai rapidement les identifier si un jour on cherche à me piéger.
L’arnaque à l’insertion dans un annuaire professionnel : Certaines sociétés peuvent me proposer de référencer mon entreprise dans un annuaire professionnel moyennant un paiement régulier. Excessivement chères, ces offres sont souvent des arnaques. Pour paraître crédibles, les démarcheurs peuvent également me faire parvenir de faux documents qui laissent supposer qu’ils sont émis par des organismes officiels. Certains indices peuvent m’alerter : Afin de me prémunir face à ce type d’arnaques, j’essaye de vérifier l’identité de l'émetteur et d’étudier attentivement le document, notamment en bas de page, ou au verso du document. Si la demande provient de l’étranger ou si le démarcheur souhaite vérifier mes coordonnées, il s’agit probablement d’une arnaque.
Par exemple, de nombreux entrepreneurs ont reçu un courrier pour s’inscrire dans l’annuaire “annuaire annu-professionnel.com”. Il s’agissait d’une arnaque. Pour le savoir, je peux vérifier dans un premier temps que le site Internet existe réellement. Dans cet exemple, il n’y avait pas de site Internet. Je peux également me rendre sur le site Infogreffe pour savoir si l’entreprise est enregistrée.
L’arnaque à l’immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés : Lorsque je crée mon entreprise, je m’enregistre au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) afin d’obtenir mon numéro SIREN et un extrait K-bis. Des sociétés privées qui n’ont aucun lien avec le RCS telles que la Chambre Nationale du Registre du Commerce et des Sociétés (CNRCS) ou l’Agence National du Registre du Commerce des Sociétés (ANRCS) demandent régulièrement à des entreprises nouvellement créées de payer pour s’enregistrer au RCS. Bien que les documents qu’ils envoient paraissent officiels, il s’agit d’une arnaque. Ainsi, je dois rester vigilant si je viens juste de créer mon entreprise : je pourrais recevoir une demande de ce genre, laissant entendre que c’est une démarche obligatoire, alors que cela ne l’est pas ! Ici aussi, il faut bien parcourir le document, notamment en bas de page et au verso. L’enregistrement de mon entreprise se fait uniquement sur le guichet Unique de l'INPI. Mon dossier sera alors réorienté auprès du greffe du Tribunal de commerce compétent ou auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) qui me sera indiqué lors de l’immatriculation de ma société. De plus, si je suis micro-entrepreneur et que j’exerce une activité commerciale, cet enregistrement est gratuit.
L’arnaque au président : L’arnaque au président est largement utilisée par les cybercriminels. Ceux-ci se font passer pour une administration publique et utilisent tous les codes, logos de l’État pour réclamer des informations sur l’entreprise qu’ils ciblent. Une fois qu’ils ont récupéré toutes ces informations, ils se font passer pour l’entreprise qu’ils ont escroquée. Ils annoncent aux clients que l’entreprise a changé de compte bancaire et réclament que les paiements se fassent sur ce nouveau compte, qui est en fait le leur. Si je donne trop d’informations à un tel escroc, il se fera passer pour moi auprès de mes clients, et recevra l’argent de mes prestations. Bien que ce ne soit pas une solution miracle, je prends toujours le temps de me renseigner sur la légitimité de la demande et sur l’identité du démarcheur avant de partager des informations sur mon entreprise. A chaque fois que je reçois un mail, je vérifie l’adresse de l’expéditeur pour m’assurer qu’il ne s’agit pas d’une arnaque. Dans tous les cas, je me souviens que tous les URL des sites Internet des administrations françaises finissent par .gouv.fr.
Arnaque à la mise en conformité RGPD : Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), entré en vigueur en 2018, vise à encadrer le traitement des données à caractère personnel. Toute organisation publique ou privée qui traite des données personnelles doit se plier à ce règlement. Toutefois, certaines sociétés qui profitent de la mise en place de cette réglementation proposent illégalement des services d’assistance de mise en conformité au RGPD. Ces entreprises utilisent généralement des méthodes agressives pour parvenir à leur fin. Elles peuvent aussi se faire passer pour la CNIL ou une société mandatée par la CNIL. demander des informations sur l’identité de la société qui me contacte. Je ne débourse aucune somme d’argent à la hâte même si le mail paraît officiel et urgent, et je vérifie la nature des services qu’elle propose.
Arnaque au fishing ou phishing (hameçonnage) dans le cadre de l’aide au paiement des factures de gaz et d’électricité : certains escrocs ont profité du dispositif d’aide au paiement des factures de gaz et d’électricité pour tenter de soustraire des coordonnées bancaires ou informations confidentielles. Ils se sont fait passer pour “France Relance” et ont envoyé des courriels pour demander par exemple le numéro du compte bancaire en prétextant que le dossier de demande d’aide ne serait pas complet. Si je reçois ce type de message, je ne réponds pas et ne transmets aucune donnée. Je me souviens que “France Relance” ne communique que par sa plateforme officielle et pas par courriel, SMS ou téléphone et vérifie l’état de mon dossier sur France Relance.
Les arnaques à la création de site Internet, la vente “one-shot” : Certaines entreprises proposent un service de création de site Internet “clé en main”. La méthode dite “one-shot” consiste à obtenir la signature du futur client professionnel dès la première rencontre. Ces entreprises qui utilisent souvent des pratiques agressives ne laissent pas le temps au client de lire le contrat. Or, dans les conditions, il est indiqué que le client n’est pas propriétaire mais locataire de son site web et qu’il s’engage à payer des redevances sur plusieurs années. Pour me prémunir de ce type d’arnaque, j’accorde une attention particulière au comportement de mon interlocuteur. Un vendeur qui utilise ce genre de méthode sera souvent pressé, agressif et insistant et ne prendra pas le temps de m’accompagner. De plus, j’étudie le contrat qui m’est proposé et demande des précisions sur les prestations proposées et l’engagement demandé.
Cette liste est bien sûr non exhaustive. La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) recense les principales arnaques dont sont victimes les professionnels. Je me rends sur leur site pour être au courant des pratiques frauduleuses qui existent et pour apprendre à m’en prémunir.
Je peux aussi me rendre sur le site https://www.cybermalveillance.gouv.fr/ pour me tenir informé des arnaques en ligne et en signaler.
Quels sont les réflexes à adopter pour me prémunir des arnaques en ligne ?
Bien qu’il existe une infinité d’arnaques en ligne, des techniques simples permettent d’en éviter certaines.
Les 3 réflexes à adopter quand j’ouvre un mail :
Je fais attention aux mails que je reçois :
Je vérifie le nom de l’expéditeur : je positionne la souris sur l’adresse mail pour afficher l’adresse mail complète de l’expéditeur. Je ne fournis jamais d’informations confidentielles : un organisme officiel ne me demandera jamais d’information confidentielle par courriel.
Je me méfie des liens et des pièces jointes : le simple fait de cliquer sur une pièce jointe peut suffire à activer le virus qu’elle contient. Le virus récupère mes informations personnelles dont mon mot de passe de messagerie.
J’apprends à reconnaître un site sécurisé :
Si je souhaite passer une commande sur un site Internet, je peux vérifier que mes données sont protégées en recherchant le nom de l’entreprise sur le site Trusted Shops. De manière générale, je préfère les sites dont l’url commence par “https”, et pas http par exemple. Cela me garantit que les données que je saisis sur Internet sont chiffrées. Un petit cadenas fermé à la fin de l’url m’assure également que mes données sont protégées.
Pour plus d’informations, je consulte le site du gouvernement. Je peux également utiliser le vérificateur de sites web de Google : Google Safe Browsing. Par ailleurs, si un site utilise des spams, des pops-up ou me redirige vers des sites malveillants, il s’agit sûrement d’un faux site.
Je change de mots de passe régulièrement :
Je pense à changer tous les 3 ou 4 mois mes mots de passe les plus importants. J’opte également pour des mots de passe complexes qui comportent des majuscules, des minuscules et des caractères spéciaux. Enfin, je n’utilise pas le même mot de passe pour tous mes comptes. Pour savoir comment choisir des mots de passe efficaces, je consulte le site du gouvernement.
Je ne partage à personne mes identifiants de connexion :
Certains sites me proposent parfois d’enregistrer mes identifiants de connexion. Je reste prudent si j’accepte et je m’assure que le site soit fiable. Avec mes identifiants, un individu mal intentionné peut réaliser des achats en mon nom. Dans le doute, je n’enregistre pas mes identifiants de connexion.
Je me méfie des mails ou SMS que je reçois d’expéditeurs inconnus :
Certains cybercriminels peuvent m’envoyer des messages en me demandant de suivre un lien. En cliquant dessus, je risque de télécharger un logiciel espion qui récupérera mes données personnelles. Cela vaut aussi pour les pièces jointes. Aussi, j’évite de cliquer sur un lien ou d’ouvrir une pièce jointe envoyée par une personne que je ne connais pas.
J’installe un antivirus et j’effectue les mises à jour :
Les antivirus me protègent contre les cybercriminels. Ces logiciels vérifient la fiabilité des pages web sur lesquelles je navigue, contrôlent les téléchargements que je réalise, etc. Je pense à le mettre à jour dès qu’il me le propose afin qu’il soit adapté aux nouveaux virus informatiques qui apparaissent chaque jour.
Si j’ai un doute sur l’identité d’une entreprise, je vérifie sur Internet :
Dans un premier temps, je vérifie que l’entreprise est enregistrée en me rendant sur le site Info greffe. Les entreprises qui utilisent des pratiques frauduleuses s’en prennent bien souvent à de nombreuses personnes. Les victimes de ces fraudes le font parfois savoir sur des forums ou des blogs dédiés. Ainsi, en cas de doute, je peux me renseigner sur l’entreprise qui cherche à m’arnaquer en tapant “nom de l’entreprise arnaque” et sur mon moteur de recherche. Il est probable que je ne sois pas le seul à être la cible de ces cybercriminels. Je peux également publier le courrier sur le groupe Facebook “Adie : le coin des entrepreneurs malins” : d’autres entrepreneurs comme vous et des experts de l’Adie pourront vous préciser s’il s’agit ou non d’une arnaque !
J’évite de me connecter aux réseaux “Wifi Public” :
Malheureusement, les réseaux Wifi public ne sont pas sécurisés, ce qui permet aux hackers d’accéder plus facilement aux données personnelles de mon ordinateur ou smartphone. Je privilégie donc plutôt une connexion en partage de données avec mon téléphone portable si j’ai besoin d’utiliser Internet sur mon ordinateur en extérieur.
Bon à savoir si je suis victime d'une arnaque en ligne
FAQ
Comment savoir si un courrier de demande d'immatriculation au RCS est une arnaque ?
Je vérifie attentivement le bas du document et son verso. Si des organismes privés comme la CNRCS ou l'ANRCS me réclament un paiement pour m'enregistrer au RCS, il s'agit d'une arnaque car l'immatriculation de mon entreprise s'effectue uniquement sur le Guichet unique de l'INPI. De plus, si je suis micro-entrepreneur exerçant une activité commerciale, cet enregistrement est gratuit.
Comment puis-je repérer une fausse proposition d'inscription dans un annuaire professionnel ?
Je me méfie si le démarcheur me demande un paiement régulier excessif, s'il veut vérifier mes coordonnées ou si la demande vient de l'étranger. Pour m'assurer de la fiabilité de l'offre, je contrôle l'existence réelle du site Internet, je me rends sur Infogreffe pour vérifier si l'entreprise est enregistrée et j'étudie attentivement les bas de page ou le verso du document.
En quoi consiste l'arnaque au président et comment puis-je me protéger ?
L'arnaque au président consiste, pour un escroc, à se faire passer pour le dirigeant de l'entreprise afin de demander à un salarié d'effectuer en urgence un virement ou de communiquer des informations sensibles. Pour m'en prémunir, je vérifie systématiquement l'identité de l'expéditeur, je contrôle les demandes inhabituelles par un autre moyen (appel téléphonique, échange direct) et je garde à l'esprit que les sites des administrations françaises se terminent par .gouv.fr.
Comment me prémunir des arnaques liées à la création de site Internet en "one-shot" ?
Je me méfie des vendeurs trop pressés, agressifs ou insistants qui tentent de me faire signer dès le premier rendez-vous sans me laisser lire le contrat. Avant de m'engager, j'étudie attentivement la proposition pour m'assurer que je ne deviens pas un simple locataire du site contraint de payer des redevances sur plusieurs années.
Quels réflexes dois-je adopter avec ma messagerie et mes mots de passe pour éviter les piratages ?
Je ne clique pas sur les liens et n'ouvre pas les pièces jointes d'expéditeurs inconnus pour éviter de télécharger un virus ou un logiciel espion. J'utilise un mot de passe long et unique pour chaque compte, j'évite de le réutiliser sur plusieurs services et j'active l'authentification à deux facteurs lorsque cela est possible. Je ne change mon mot de passe que s'il est compromis ou en cas de suspicion de fuite.
Qui puis-je contacter si je suis victime ou suspecte une arnaque en ligne ?
En cas de doute ou de fraude subie, je peux contacter Info Escroqueries au 0 805 805 817 pour échanger avec des policiers et gendarmes spécialisés. Selon la situation, je peux également signaler une escroquerie en ligne sur la plateforme THESEE. Je peux aussi contacter la DDPP, la DDETSPP, des associations de défense des consommateurs, ou poser mes questions sur le groupe Facebook « Adie : le coin des entrepreneurs malins ».