Honneur des gens du voyage

Tribune de la présidente de l'Adie Maria Nowak dans Le Monde daté du 25 août 2010: "Honneur des gens du voyage"

Depuis des siècles, les Tziganes subissent en Europe des discriminations. Sous le régime nazi, ils étaient exterminés dans les camps de concentration. Sous le régime communiste dans les démocraties populaires, ils étaient forcés à se sédentariser.

Ayant perdu leur emploi avec l'effondrement des coopératives et des usines d'Etat, mais aussi leur mobilité et leurs métiers traditionnels, ils se trouvent aujourd'hui, dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, dans une situation de dénuement et de persécution latente ou active. Il n'était pas nécessaire que la France ajoute sa pierre à cette lapidation collective.

Dans ce moment difficile, il me paraît important de témoigner de la moralité et de l'honneur des gens de voyage, à travers l'expérience de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui finance et accompagne les personnes en difficulté dans la création de leur propre emploi. Près de 10 % de la clientèle de l'Adie, soit environ 1 500 personnes par an, sont des gens de voyage. Ils empruntent pour créer et développer toutes sortes de petites activités économiques : commerce ambulant, ramassage de la ferraille, élagage, bâtiment, restauration de rue, artisanat.

Ils remboursent scrupuleusement leurs prêts avec un taux de pertes inférieur à la moyenne, qui, au 31 décembre 2009 s'élevait à 2,21 %. Leur niveau d'éducation et de revenu étant souvent limité, l'immatriculation de leur activité pose un problème compliqué.

Beaucoup, ayant des revenus de travail indépendant inférieurs au seuil minimum, étaient censés payer des cotisations sociales pouvant atteindre un taux de 96 % pour un revenu de 1 500 euros par an ! Il a fallu énormément d'efforts pour obtenir en 2007 un bouclier social limitant les cotisations à 48 % du revenu, relayé en 2009 par le régime de l'auto-entrepreneur.

La situation en matière de travail informel est comparable à celle des campements. Pour appliquer la loi, il faut qu'elle soit applicable.

Qui est le vrai responsable des campements sauvages, ceux qui s'y installent, n'ayant pas d'autre choix, ou ceux qui ne respectent pas la loi imposant aux communes la création des aires d'accueil ?

La délinquance existe bien sûr dans la population des gens de voyage, comme elle existe dans toute communauté riche ou pauvre. Elle doit être punie. Mais est-il raisonnable d'envisager, alors que des milliards d'euros sont détournés chaque année vers les paradis fiscaux, de renforcer les contrôles sur les plus pauvres ?

Peut-on conduire vers des frontières qui n'existent plus au sein de l'Europe, ceux qu'on mélange allégrement sous le nom de Roms, en oubliant, au passage, que la plupart sont français ? Est-il possible, enfin, dans les pays démocratiques de limiter la liberté de circulation à une catégorie de la population, quelle qu'elle soit ?


Maria Nowak Présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique, publié dans l'édition du 25 août 2010 sur le site Le Monde

Depuis des siècles, les Tziganes subissent en Europe des discriminations. Sous le régime nazi, ils étaient exterminés dans les camps de concentration. Sous le régime communiste dans les démocraties populaires, ils étaient forcés à se sédentariser.

Ayant perdu leur emploi avec l'effondrement des coopératives et des usines d'Etat, mais aussi leur mobilité et leurs métiers traditionnels, ils se trouvent aujourd'hui, dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, dans une situation de dénuement et de persécution latente ou active. Il n'était pas nécessaire que la France ajoute sa pierre à cette lapidation collective.

Dans ce moment difficile, il me paraît important de témoigner de la moralité et de l'honneur des gens de voyage, à travers l'expérience de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui finance et accompagne les personnes en difficulté dans la création de leur propre emploi. Près de 10 % de la clientèle de l'Adie, soit environ 1 500 personnes par an, sont des gens de voyage. Ils empruntent pour créer et développer toutes sortes de petites activités économiques : commerce ambulant, ramassage de la ferraille, élagage, bâtiment, restauration de rue, artisanat.

Ils remboursent scrupuleusement leurs prêts avec un taux de pertes inférieur à la moyenne, qui, au 31 décembre 2009 s'élevait à 2,21 %. Leur niveau d'éducation et de revenu étant souvent limité, l'immatriculation de leur activité pose un problème compliqué.

Beaucoup, ayant des revenus de travail indépendant inférieurs au seuil minimum, étaient censés payer des cotisations sociales pouvant atteindre un taux de 96 % pour un revenu de 1 500 euros par an ! Il a fallu énormément d'efforts pour obtenir en 2007 un bouclier social limitant les cotisations à 48 % du revenu, relayé en 2009 par le régime de l'auto-entrepreneur.

La situation en matière de travail informel est comparable à celle des campements. Pour appliquer la loi, il faut qu'elle soit applicable.

Qui est le vrai responsable des campements sauvages, ceux qui s'y installent, n'ayant pas d'autre choix, ou ceux qui ne respectent pas la loi imposant aux communes la création des aires d'accueil ?

La délinquance existe bien sûr dans la population des gens de voyage, comme elle existe dans toute communauté riche ou pauvre. Elle doit être punie. Mais est-il raisonnable d'envisager, alors que des milliards d'euros sont détournés chaque année vers les paradis fiscaux, de renforcer les contrôles sur les plus pauvres ?

Peut-on conduire vers des frontières qui n'existent plus au sein de l'Europe, ceux qu'on mélange allégrement sous le nom de Roms, en oubliant, au passage, que la plupart sont français ? Est-il possible, enfin, dans les pays démocratiques de limiter la liberté de circulation à une catégorie de la population, quelle qu'elle soit ?


Maria Nowak Présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique, publié dans l'édition du 25 août 2010 sur le site Le Monde


          

 



Prenez date: Journée Portes Ouvertes pour les bénévoles le 24 septembre

Vous avez du temps libre et souhaitez mettre à profit vos compétences pour accompagner les micro-entrepreneurs financés par l'Adie? Rendez-vous le 24 septembre !

Si le microcrédit permet aux micro-entrepreneurs de se lancer, l’accompagnement proposé par l’Adie permet d’optimiser la pérennité et le développement de leur activité.

Tout micro-entrepreneur financé par un microcrédit de l’Adie peut bénéficier d’un accompagnement qui peut prendre diverses formes en fonction des besoins de chacun : formations, conseils et services de permanences d’experts dans les domaines tels que gestion comptabilité, juridique ou commercial.

Pour mettre en place cet accompagnement et pour répondre à une demande de plus en plus forte, l’Adie s’appuie sur un réseau de bénévoles qui représentent un véritable vivier de compétences, d’expériences professionnelles et personnelles.

En apportant leur enthousiasme, en donnant de leur temps, en partageant leurs expériences avec les créateurs, les bénévoles de l’Adie montrent leur attachement et leur adhésion profonde à la mission de l’association, "donner les moyens d’entreprendre à ceux qui n’ont pas les moyens". Car être bénévole à l'Aide, c'est aussi partager des valeurs d’efficacité, un objectif social, la croyance que tout le monde peut réussir si on lui fait confiance… et une grande capacité d’adaptation.

Intéressé par cette proposition? Téléchargez la liste des antennes Adie participantes, et venez nous rencontrer le 24 septembre de 15h à 18h.

À cette occasion, vous pourrez rencontrer les permanents et  bénévoles qui travaillent au quotidien avec les créateurs d’entreprise, et découvrir le parcours et les formations proposés aux bénévoles.

Si le microcrédit permet aux micro-entrepreneurs de se lancer, l’accompagnement proposé par l’Adie permet d’optimiser la pérennité et le développement de leur activité.

Tout micro-entrepreneur financé par un microcrédit de l’Adie peut bénéficier d’un accompagnement qui peut prendre diverses formes en fonction des besoins de chacun : formations, conseils et services de permanences d’experts dans les domaines tels que gestion comptabilité, juridique ou commercial.

Pour mettre en place cet accompagnement et pour répondre à une demande de plus en plus forte, l’Adie s’appuie sur un réseau de bénévoles qui représentent un véritable vivier de compétences, d’expériences professionnelles et personnelles.

En apportant leur enthousiasme, en donnant de leur temps, en partageant leurs expériences avec les créateurs, les bénévoles de l’Adie montrent leur attachement et leur adhésion profonde à la mission de l’association, "donner les moyens d’entreprendre à ceux qui n’ont pas les moyens". Car être bénévole à l'Aide, c'est aussi partager des valeurs d’efficacité, un objectif social, la croyance que tout le monde peut réussir si on lui fait confiance… et une grande capacité d’adaptation.

Intéressé par cette proposition? Téléchargez la liste des antennes Adie participantes, et venez nous rencontrer le 24 septembre de 15h à 18h.

À cette occasion, vous pourrez rencontrer les permanents et  bénévoles qui travaillent au quotidien avec les créateurs d’entreprise, et découvrir le parcours et les formations proposés aux bénévoles.


          

 



L'Adie aux Eurockéennes de Belfort

Dans le cadre de l’opération « Eurockéennes Solidaires », les équipes de l’Adie Franche-Comté tiendront bénévolement l’une des deux sandwicheries, située sur le camping du festival.

Les bénéfices de la vente permettront de doter une bourse finançant la création d’un projet de création d’entreprise par un jeune d’un quartier du Territoire de Belfort.

La présence des salariés et bénévoles Adie sur place leur donnera également l’occasion d’informer les festivaliers sur l’action de l’association, dont la mission est de financer grâce au microcrédit des projets de création d’activité portés par des personnes n’ayant pas accès au circuit bancaire et exclues du marché du travail.

Les bénéfices de la vente permettront de doter une bourse finançant la création d’un projet de création d’entreprise par un jeune d’un quartier du Territoire de Belfort.

La présence des salariés et bénévoles Adie sur place leur donnera également l’occasion d’informer les festivaliers sur l’action de l’association, dont la mission est de financer grâce au microcrédit des projets de création d’activité portés par des personnes n’ayant pas accès au circuit bancaire et exclues du marché du travail.


          

 
 

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